Deux entrepreneurs en discussion strategique autour d'un projet de startup avec documents juridiques
Publié le 15 mars 2024

La SAS n’est pas qu’une question de « souplesse », c’est une armature juridique conçue pour la croissance et un prérequis non négociable pour attirer des investisseurs en capital-risque.

  • Elle seule permet d’intégrer l’ingénierie contractuelle complexe (actions de préférence, clauses de liquidité) qu’ils exigent.
  • Sa gouvernance sur-mesure et son régime social optimisé sont des outils stratégiques pour aligner les intérêts des fondateurs et des financeurs.

Recommandation : Auditez votre pacte d’associés non pas comme un simple document légal, mais comme le véritable traité de pouvoir qui dictera l’avenir de votre startup.

Pour un fondateur de startup, la question « SARL ou SAS ? » semble être un rite de passage. Les conseils fusent, souvent résumés à une idée reçue : « la SAS est plus souple ». Si cette affirmation n’est pas fausse, elle est dangereusement incomplète. Elle masque une réalité bien plus tranchante que tout entrepreneur visant une croissance rapide et financée par des tiers doit comprendre : dans l’écosystème du capital-risque et des Business Angels, la Société par Actions Simplifiée (SAS) n’est pas une option. C’est une condition.

Mon expérience d’avocat en droit des sociétés m’a montré que cette préférence n’est pas un caprice, mais une exigence fonctionnelle. Les investisseurs ne financent pas une idée ; ils investissent dans une structure capable de supporter leurs conditions, de protéger leur mise et de garantir une sortie rentable. La souplesse de la SAS n’est pas une fin en soi, c’est le moyen de construire cette armature juridique sur-mesure. Penser que la « souplesse » signifie « moins de règles » est une erreur fondamentale. Au contraire, elle permet de créer un cadre contractuel bien plus dense et sophistiqué que celui, plus rigide, de la SARL.

Cet article a pour but de dépasser les platitudes. Nous n’allons pas simplement lister les avantages de la SAS. Nous allons décortiquer, avec un regard de praticien, les mécanismes précis qui en font le véhicule d’investissement privilégié. Nous verrons comment chaque aspect, des clauses d’exclusion à la fiscalité, en passant par la gouvernance, devient un levier de négociation (ou un piège potentiel) lors d’une levée de fonds. L’objectif est de vous donner les clés pour comprendre non seulement le « quoi », mais surtout le « pourquoi », afin que vous puissiez dialoguer d’égal à égal avec vos futurs partenaires financiers.

Pour appréhender pleinement les enjeux stratégiques liés au choix de votre statut juridique, cet article explore les mécanismes internes de la SAS qui sont au cœur des négociations avec les investisseurs. Le sommaire suivant vous guidera à travers ces points névralgiques.

Comment insérer des clauses d’exclusion d’associés dans les statuts de SAS ?

La capacité à exclure un associé est une des sécurités les plus fondamentales exigées par les investisseurs. Imaginez un fondateur qui devient inactif, adopte un comportement préjudiciable ou rejoint un concurrent. Pour un fonds d’investissement, laisser une partie de son capital entre les mains d’un tel associé est inenvisageable. La SAS offre une liberté quasi totale pour organiser cette procédure d’exclusion directement dans les statuts, ce qui constitue une garantie puissante.

L’ingénierie contractuelle de la SAS permet de définir précisément les motifs d’exclusion (perte de la qualité de salarié, décision de justice, violation du pacte d’associés, etc.), l’organe compétent pour décider (l’assemblée des associés, un comité spécifique), et les modalités de calcul du prix de rachat des actions. Cette prévisibilité est cruciale. D’ailleurs, la législation a évolué pour renforcer cette flexibilité : depuis la loi Soilihi de 2019, l’unanimité n’est plus requise pour intégrer ou modifier une telle clause, une majorité définie par les statuts suffit. Cela signifie qu’il est plus aisé de faire évoluer les règles en cours de vie sociale, par exemple à l’entrée de nouveaux investisseurs.

Cependant, cette liberté a un corollaire : l’exigence de rigueur dans la rédaction. Une clause mal définie ou ambiguë risque d’être annulée par un juge, anéantissant la protection qu’elle était censée offrir. Comme le rappelle le cabinet Avocats Picovschi, la validité d’une telle clause est conditionnée par sa précision et sa transparence.

Une clause d’exclusion est valide seulement lorsqu’elle est rédigée de manière claire, précise et transparente pour tous les actionnaires.

– Cabinet Avocats Picovschi, Article sur la clause d’exclusion des associés dans une SAS

Pour un fondateur, bien maîtriser ces clauses, c’est aussi se protéger. Elles peuvent être rédigées pour s’appliquer à tous les associés, y compris les investisseurs, en cas de manquement à leurs propres obligations. C’est un outil de pouvoir à double tranchant qu’il convient de négocier avec la plus grande attention.

Pourquoi les dividendes de SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales contrairement à la SARL ?

L’optimisation de la rémunération est un sujet central pour tout fondateur. La SAS présente ici un avantage fiscal et social majeur qui séduit autant les créateurs que les investisseurs qui les rejoignent en tant que dirigeants. Contrairement au gérant majoritaire de SARL, le président de SAS est affilié au régime général de la sécurité sociale en tant qu’assimilé-salarié. Cette distinction a une conséquence directe et très significative : les dividendes qu’il perçoit ne sont pas soumis aux cotisations sociales.

En SARL, la part des dividendes versée au gérant majoritaire qui excède 10% du capital social est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales, soit un prélèvement d’environ 45%. En SAS, cette règle n’existe pas. La totalité des dividendes est uniquement soumise aux prélèvements sociaux (CSG/CRDS) au taux de 17,2%, puis à l’impôt sur le revenu (via le prélèvement forfaitaire unique ou « flat tax » de 12,8%, ou le barème progressif). Cette différence crée un différentiel de coût considérable et offre une flexibilité stratégique pour arbitrer entre salaire et dividendes.

Le tableau suivant, basé sur les données de plusieurs experts juridiques, illustre clairement cet écart fondamental.

Comparaison des charges sociales SAS vs SARL sur les dividendes
Critère SAS (Président associé) SARL (Gérant majoritaire)
Cotisations sociales sur dividendes 0% ~46% au-delà de 10% du capital social
Prélèvements sociaux (CSG/CRDS) 17,2% 17,2% (sur la part inférieure à 10%)
« Flat Tax » (PFU) 30% (12,8% IR + 17,2% PS) 30% (sur la part inférieure à 10%)

Pour un investisseur, cette structure est rassurante. Elle permet à la startup de maîtriser sa masse salariale (le salaire du président) tout en offrant une perspective de revenus complémentaires non chargés aux fondateurs, alignant ainsi leurs intérêts sur la profitabilité de l’entreprise. C’est une façon de récompenser la performance sans alourdir les charges fixes, un argument de poids dans le business plan.

Président unique ou direction collégiale : quelle gouvernance pour une SAS à deux fondateurs ?

La SAS est réputée pour sa liberté en matière de gouvernance. Là où la SARL impose une gérance, la SAS ne contraint qu’à une seule chose : la désignation d’un Président, qui représente la société vis-à-vis des tiers. Au-delà de cette obligation, tout est possible : conseil d’administration, comité de surveillance, directeurs généraux… Cette modularité est précisément ce que recherchent les investisseurs, car elle permet de bâtir une gouvernance sur-mesure qui évoluera avec les tours de table.

Pour une startup avec deux fondateurs, la question se pose immédiatement : qui sera Président ? L’erreur commune est de vouloir une présidence bicéphale pour maintenir une égalité parfaite. Or, d’un point de vue juridique, c’est impossible. Comme le souligne Maître Ludovic Landivaux, il ne peut y avoir qu’un seul Président. Cette fonction est unique et indivisible. L’un des fondateurs doit donc endosser ce rôle, tandis que l’autre pourra être nommé Directeur Général, avec des pouvoirs équivalents ou complémentaires définis dans les statuts et le pacte d’associés.

Cette structure, loin d’être une contrainte, est une clarification saine. Elle force les fondateurs à définir précisément les rôles : qui est le représentant légal (le Président), qui a la charge de l’opérationnel, du commercial, de la tech (le Directeur Général) ? Pour les investisseurs, cette clarté est essentielle. Ils veulent un interlocuteur unique et clairement identifié. À leur entrée, ils demanderont souvent la création d’un organe de contrôle (un « board » ou comité stratégique) où ils siègeront aux côtés des fondateurs pour superviser les décisions importantes. La souplesse de la SAS permet d’intégrer cet organe sans aucune difficulté, en définissant son périmètre, sa composition et ses règles de vote.

L’erreur de penser que le Président de SAS est protégé de toute responsabilité sur ses biens propres

L’un des mythes tenaces dans l’esprit des entrepreneurs est que la création d’une société à responsabilité limitée, comme la SAS, constitue un bouclier absolu pour leur patrimoine personnel. C’est une grave erreur d’appréciation. Si, en principe, la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports, celle du dirigeant, le Président, peut être engagée bien au-delà. Les investisseurs sont particulièrement vigilants sur ce point, car une faute de gestion peut anéantir la valeur de leur participation.

La responsabilité du Président peut être engagée sur ses biens propres dans trois grands cas : la violation des statuts, les infractions aux dispositions légales ou réglementaires, et la faute de gestion. C’est cette dernière notion qui est la plus large et la plus dangereuse. Elle recouvre des actes de négligence, d’imprudence ou des manœuvres frauduleuses ayant causé un préjudice à la société, aux associés ou à des tiers. Plus spécifiquement, la jurisprudence a consacré la notion de « faute détachable des fonctions », qui vise un comportement d’une particulière gravité, commis intentionnellement.

Étude de cas : la faute détachable des fonctions

La jurisprudence fournit des exemples concrets où la responsabilité personnelle du dirigeant a été retenue. Par exemple, un président de SAS qui vend un équipement alors qu’il sait que la société n’en est pas encore propriétaire (en raison d’une clause de réserve de propriété) commet une faute détachable de ses fonctions. De même, un dirigeant d’une entreprise de construction qui omet sciemment de souscrire l’assurance décennale obligatoire engage directement son patrimoine personnel en cas de sinistre.

Les fautes de gestion peuvent être variées : présenter un bilan inexact pour masquer des difficultés, abuser des biens de la société à des fins personnelles, ou encore ne pas consulter les associés sur des décisions où les statuts l’exigent. Pour les fondateurs, la prise de conscience de ce risque est fondamentale. Elle impose une gestion rigoureuse et documentée. Pour les investisseurs, c’est une garantie que le dirigeant qu’ils financent est tenu à un devoir de diligence, protégeant ainsi la valeur de l’entreprise.

Quand basculer en SAS pour préparer une vente ou une transmission à ses enfants ?

La SAS n’est pas seulement le statut de la création et de la levée de fonds ; c’est aussi celui de la maturité et de la transmission. Le moment de basculer d’une autre forme sociale (souvent une SARL) vers la SAS est une question stratégique qui se pose lorsque l’on anticipe une évolution majeure du capital : l’entrée d’investisseurs, la préparation d’une vente à un tiers, ou l’organisation d’une transmission familiale.

L’atout maître de la SAS dans ces scénarios est sa capacité à créer différentes catégories d’actions, aussi appelées « actions de préférence ». Contrairement aux parts sociales rigides de la SARL, les actions de SAS sont des titres négociables dont on peut moduler les droits. Comme le souligne justement un expert, cette flexibilité est centrale pour organiser les relations entre les différentes parties prenantes. On peut ainsi créer :

  • Des actions avec un droit de vote double pour les fondateurs, afin de préserver leur contrôle malgré la dilution.
  • Des actions sans droit de vote mais avec un dividende prioritaire pour des membres de la famille que l’on souhaite associer aux résultats sans les impliquer dans la gestion.
  • Des actions avec des droits financiers spécifiques pour les investisseurs, leur garantissant une priorité sur le produit de la vente (la fameuse « liquidation préférentielle »).

Cette ingénierie permet de préparer une transmission en douceur. Un fondateur peut, par exemple, donner progressivement la nue-propriété de ses actions à ses enfants, tout en conservant l’usufruit (le droit de vote et les dividendes), assurant ainsi une transition managériale contrôlée. De même, lors d’une vente, la souplesse des cessions d’actions de SAS, beaucoup moins formelle que celle des parts de SARL (pas d’agrément légal obligatoire), facilite grandement la transaction.

Basculer en SAS est donc une décision d’anticipation. Le faire en amont d’une opération de capital permet de mettre en place l’armature juridique nécessaire et d’éviter des restructurations complexes et coûteuses en plein milieu d’une négociation de vente ou de levée de fonds.

Comment éviter la clause qui permet aux investisseurs de tout récupérer avant vous en cas de vente ?

C’est la clause que tout fondateur découvre, parfois avec effroi, lors de sa première négociation avec un fonds de capital-risque : la clause de liquidité préférentielle (ou « liquidation preference »). Importée du droit anglo-saxon, cette disposition est un standard du marché et la SAS est le seul véhicule juridique français qui permet de l’implémenter avec autant de finesse grâce aux actions de préférence.

Le principe est simple : en cas de « liquidation » de l’entreprise (le plus souvent, une vente), les investisseurs qui détiennent des actions de préférence seront remboursés en priorité sur le prix de cession, avant les détenteurs d’actions « ordinaires » (les fondateurs). Cette préférence est souvent exprimée par un multiple, par exemple « 1x ». Cela signifie que si un fonds a investi 1 million d’euros, il récupérera son million d’euros avant que les autres associés ne touchent quoi que ce soit. Dans sa version la plus agressive, la clause peut être « participating », ce qui signifie qu’après avoir récupéré leur mise, les investisseurs participent en plus à la répartition du solde au prorata de leur capital.

Cette mécanique, qui peut sembler injuste, est la contrepartie du risque pris par l’investisseur. Pour lui, c’est une protection contre les scénarios de vente à faible valeur. La souplesse des statuts de SAS permet de rédiger ces clauses sur-mesure. Comme le mentionne Le Coin des Entrepreneurs, les actions de préférence peuvent garantir une quote-part de bénéfice supérieure ou une priorité en cas de cession. La négociation pour le fondateur ne consistera pas à refuser cette clause (ce qui est quasi impossible), mais à en limiter la portée :

  • Négocier le multiple : Viser un multiple de 1x non-participating est la norme la plus favorable au fondateur.
  • Introduire un « cap » : Limiter le retour total de l’investisseur à un certain multiple de sa mise (ex: 3x).
  • Prévoir une conversion : Permettre à l’investisseur de convertir ses actions de préférence en actions ordinaires s’il estime que c’est plus rentable pour lui (dans les scénarios de très forte valorisation).

Comprendre et modéliser l’impact de cette clause est absolument vital. Elle détermine la répartition réelle de la valeur lors de la sortie et peut réduire considérablement le gain des fondateurs si elle n’est pas négociée avec soin.

Pourquoi choisir l’IR pendant les 5 premières années de votre SAS peut effacer vos impôts personnels ?

Au-delà de son régime de croisière à l’Impôt sur les Sociétés (IS), la SAS cache une option fiscale temporaire extrêmement puissante pour les premières années d’une startup : l’option pour l’Impôt sur le Revenu (IR). Cette option, souvent méconnue, peut se révéler être un outil de financement indirect pour les fondateurs.

Le principe est celui de la « transparence fiscale ». En choisissant cette option, ce n’est plus la société qui est imposée sur ses bénéfices, mais directement les associés, sur leur quote-part respective. Si la société réalise des bénéfices, ceux-ci s’ajoutent donc au revenu imposable des associés. Mais – et c’est là que réside l’intérêt pour une startup – si la société est en déficit, ce qui est très fréquent les premières années en raison des lourds investissements, ce déficit vient en déduction du revenu global de l’associé.

Concrètement, si un fondateur a d’autres revenus par ailleurs (ou si son conjoint en a), le déficit de la startup vient « gommer » une partie de ces revenus, réduisant ainsi l’impôt global du foyer fiscal. C’est une manière de faire financer indirectement les pertes de démarrage par une économie d’impôt personnelle. Cette option n’est cependant pas ouverte à tous et est strictement encadrée :

  • La société doit avoir moins de 5 ans à la date de l’option.
  • Elle doit exercer une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale.
  • Elle ne doit pas être cotée et doit employer moins de 50 salariés avec un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros.
  • Les droits de vote doivent être détenus à 50% au moins par des personnes physiques, et à 34% au moins par le ou les dirigeants.

L’option pour l’IR est valable pour une durée limitée. Comme le précisent les règles fiscales, une SAS peut opter pour l’IR pendant 5 exercices maximum, après quoi elle bascule définitivement à l’IS. C’est un choix stratégique à faire dès la création, en accord avec les associés, car il nécessite l’unanimité. Pour une startup qui anticipe plusieurs années d’investissements avant d’atteindre la rentabilité, c’est une optimisation à ne surtout pas négliger.

À retenir

  • La SAS n’est pas un choix de confort mais un prérequis technique pour accueillir des investisseurs professionnels.
  • La valeur de la SAS réside dans sa capacité à intégrer une ingénierie contractuelle complexe (actions de préférence, gouvernance sur-mesure) impossible en SARL.
  • Le pacte d’associés, et non les statuts, est le véritable lieu du pouvoir où se négocient les clauses critiques comme la liquidité préférentielle et les conditions de sortie.

Comment rédiger un pacte d’associés qui évite la paralysie de l’entreprise en cas de désaccord ?

Si les statuts de la SAS sont l’ossature de l’entreprise, le pacte d’associés (ou pacte d’actionnaires) en est le système nerveux. Ce contrat, confidentiel et signé par tout ou partie des associés, vient compléter et parfois même verrouiller ce que les statuts, publics, ne peuvent ou ne doivent pas contenir. Pour les investisseurs, il est aussi important, sinon plus, que les statuts. C’est dans le pacte que se règlent les vraies questions de pouvoir et que l’on anticipe les situations de blocage.

Un désaccord profond entre fondateurs ou avec un investisseur peut rapidement paralyser la prise de décision. Le pacte est l’outil préventif par excellence. Il doit contenir des clauses de déblocage, aussi appelées clauses de « buy or sell ». Par exemple, la clause « texane » permet à un associé de proposer un prix pour les actions de l’autre, qui a alors le choix : soit il vend ses propres actions à ce prix, soit il est obligé de racheter les actions de l’offrant au même prix. Ce mécanisme force une résolution rapide du conflit. D’autres clauses, comme la médiation obligatoire avant toute action en justice, permettent de désamorcer les tensions.

Le pacte est également le lieu privilégié pour organiser la liquidité des titres (droit de sortie conjointe, obligation de sortie en cas d’offre majoritaire, etc.) et renforcer les clauses statutaires. Comme le note le cabinet Berton & Associés, il peut détailler la procédure d’exclusion et ses conséquences financières, offrant une couche de sécurité supplémentaire. Rédiger un pacte solide, c’est se poser les questions difficiles quand tout va bien, pour ne pas avoir à y répondre dans l’urgence d’une crise.

Checklist d’audit pour votre pacte d’associés

  1. Gouvernance : Avez-vous listé précisément les décisions stratégiques nécessitant une majorité qualifiée ou l’accord des investisseurs (le « droit de véto ») ?
  2. Liquidité : Les conditions de sortie sont-elles claires ? Avez-vous une clause de « tag-along » (droit de sortie conjointe) pour vous protéger si les fondateurs vendent ?
  3. Stabilité du capital : Une clause d’incessibilité (« lock-up ») empêche-t-elle les fondateurs de vendre leurs actions pendant une période définie ?
  4. Gestion des conflits : Une clause de médiation ou une clause de « buy or sell » est-elle prévue pour éviter la paralysie en cas de désaccord majeur ?
  5. Non-concurrence : L’engagement de non-concurrence des fondateurs est-il clairement défini dans sa durée, son périmètre géographique et son objet ?

Le pacte est le document qui protège réellement votre investissement et la pérennité de l’entreprise. Pour sécuriser votre projet, il est impératif de comprendre comment bâtir un pacte d'associés à l'épreuve des conflits.

Pour sécuriser votre croissance et préparer sereinement vos futures levées de fonds, l’étape suivante consiste à faire auditer vos statuts et votre projet de pacte d’associés par un avocat spécialisé. C’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire pour l’avenir de votre startup.

Rédigé par Arnaud Bettencourt, Avocat d'affaires spécialisé en droit des sociétés, contrats commerciaux et propriété intellectuelle. 20 ans de barreau au service des entrepreneurs.